Ce qui va vraiment compter sur les réseaux sociaux en 2026

IA, authenticité, vidéo, commerce social, guerre de l’attention… Le paysage social media évolue vite, et pas toujours dans la direction qu’on attend. Voici ce que j’ai retenu des grandes tendances qui vont façonner 2026 — et ce que ça implique concrètement pour les marques.

C’est devenu un rituel de fin d’année : les articles de tendances pour la saison à venir. Je m’y suis prêtée avec plaisir, en m’appuyant sur plusieurs études récentes (Brandwatch, Metricool, ARCEP…) et sur ce que j’observe au quotidien sur les plateformes. Sept tendances se dégagent — pas toutes nouvelles, mais toutes importantes.

L’IA : utile, mais à ne pas laisser piloter seule

L’intelligence artificielle est partout sur les réseaux sociaux, et ce n’est plus vraiment une surprise. Ce qui frappe davantage, c’est l’ampleur de son adoption : selon un rapport Metricool de 2025, 96 % des community managers et responsables marketing utilisent déjà des outils d’IA, dont 72,5 % quotidiennement. Plus de six posts sur dix publiés sur LinkedIn en France seraient écrits totalement ou partiellement grâce à l’IA.

Le problème, ce n’est pas l’outil en lui-même — c’est l’usage qu’on en fait. Si tout le monde s’en sert pour produire plus vite, on risque d’aboutir à des contenus de plus en plus nombreux, mais de plus en plus uniformes. Le vrai défi pour les communicants en 2026, c’est d’utiliser l’IA pour amplifier leur impact, pas juste leur volume de publication.

Authenticité et transparence : plus un choix, une nécessité

Les appels au boycott de marques ont augmenté de 95 % au premier semestre 2025, selon l’étude State of Social 2026 de Brandwatch. C’est un chiffre qui dit beaucoup sur l’état d’esprit des consommateurs, et notamment de la Gen Z : la confiance se mérite, et elle se perd vite.

Dans ce contexte, les micro-influenceurs tirent leur épingle du jeu. Plus proches de leurs communautés, perçus comme moins « sponsorisés à tout va », ils affichent +44 % de mentions positives sur la même période. Les contenus bruts et peu travaillés ont aussi la cote — un micro cravate tenu à la main et un montage imparfait convainquent parfois mieux qu’une production millimétrée.

Un chiffre qui interpelle : selon Brandwatch, 99 % des discussions sur les marques sur les réseaux sociaux se font… sans elles. Écouter sa communauté et lui montrer qu’on l’a entendue — via des cocréations, des réponses, des prises en compte réelles — est probablement l’un des leviers les plus sous-exploités en ce moment.

La vidéo reste reine — mais le format fait tout

La vidéo continue de dominer, ça ne surprend personne. Ce qui est plus intéressant, c’est de voir jusqu’où elle s’étend. Les Reels sur Facebook progressent de 72 % en nombre de publications, avec des vues en hausse de 24 % — ce n’est plus le réseau poussiéreux qu’on imagine. Et sur Spotify, les podcasts vidéo explosent, au point que la plateforme a annoncé un partenariat avec Netflix pour en intégrer une sélection dès 2026.

La logique du « snack content » — une vidéo courte qui donne envie d’aller voir un contenu plus long — s’impose comme une vraie stratégie éditoriale. McFly & Carlito, Squeezie : les grandes chaînes YouTube l’ont bien compris et multiplient les formats courts comme vitrines de leurs productions principales.

Social search et social commerce : les réseaux deviennent tout

65 % des 15-24 ans utilisent les réseaux sociaux comme principal outil de recherche, selon une étude Google France de 2024. Ce n’est plus une tendance émergente, c’est un usage ancré. La Gen Z ne tape plus une question sur Google : elle cherche un avis humain, une expérience vécue, un « honest review ».

TikTok Shop, lancé en France en mars 2025, illustre bien où tout ça mène. En six mois, la fonctionnalité a atteint 1 % de part de marché du e-commerce français — devant des acteurs comme La Redoute ou eBay. Pour les marques, c’est presque le graal : un parcours d’achat complet, de la découverte à la conversion, sans jamais quitter la plateforme.

Capter l’attention sans en faire trop

39 % des 18-24 ans passent plus de 5 heures par jour sur leur smartphone — mais 42 % des Français estiment déjà passer trop de temps devant les écrans. Ce paradoxe résume bien le défi des marques : leur audience est là, mais elle est fatiguée, surinformée, et de moins en moins disposée à recevoir un message publicitaire classique.

La vidéo « Stop the train » de Squeezie, sponsorisée par Boursobank, est souvent citée comme un bon exemple de placement intelligent : l’annonce intervient à un moment narratif clé, impossible à skipper sans manquer quelque chose. C’est malin parce que c’est pensé d’abord comme de la création, pas comme de la pub.

« Votre section commentaires est votre meilleur brief social media. »

ZARIA PARVEZ, EX-SOCIAL MEDIA MANAGER DE DUOLINGO

Les communautés, un levier encore sous-estimé

Face à la défiance et à la saturation de contenu, le marketing communautaire s’impose comme une réponse cohérente. Plutôt que de viser large et passivement, les marques ont intérêt à engager des audiences réduites mais actives — que ce soit en construisant leur propre communauté (comme Decathlon ou Duolingo) ou en s’intégrant à des communautés existantes.

Reddit en est un bon exemple : la plateforme connaît un fort développement récent, portée par cette quête d’échanges humains et organiques. L’enjeu pour les marques, c’est de s’y fondre naturellement — sans s’imposer, sans sonner creux.

Les événements live, une mécanique qui ne s’essouffle pas

Le GP Explorer 3 en 2025 : 200 spectateurs sur place, 1,5 million de viewers sur Twitch, 1,22 million devant leur télé — sans compter les contenus générés par chacun des 24 pilotes avant, pendant et après la course. Pour une cinquantaine de marques partenaires, c’est une visibilité difficile à égaler par une campagne classique.

Les émissions de télé-réalité jouent le même rôle à leur façon. Le hashtag #staracademy a été utilisé 3,3 millions de fois sur X en 2024, et les contenus liés à l’émission ont généré 323 millions de vues sur TikTok. Pour les annonceurs associés à ce type de programme, c’est une caisse de résonance à 360 degrés, difficile à reproduire autrement.

La note CombyCam : Ce qui me frappe dans ces tendances, c’est qu’elles pointent toutes vers la même chose : les audiences veulent du vrai, de l’humain, de la pertinence. L’IA, la vidéo, le social commerce — tous ces outils sont puissants, mais ils ne fonctionnent que s’ils servent une intention claire et une relation authentique avec la communauté. C’est finalement assez rassurant : la technique évolue, mais c’est toujours la créativité et le bon sens qui font la différence.